28 janvier 2008
Mon miroir
Mon miroir se fend
La gueule quand il me voit.
Il me sourit souvent,
Cligne un oeil et me renvoit.
Il joue des ombres et lumières,
Montre chaque ride du doigt,
Et, tel un guerrier dans son ornière,
Je lutte pour effacer les pattes d’oie.
Je lui crache à la face
En rebelle vaincue,
Mais sans trêve me parvient,
Du fond de la glace,
Son rire aigu:
“Tu viellis, tu n’y peux rien!”
Peur de vieillir
Et il le sait.
Peur de voir mes seins,
Ma peau flétrir
Puis sommeiller.
Pour ne découvrir un matin
Dans mon reflet nu
Qu’une inconnue.
© 2008- E. Oliveira
18 janvier 2008
ARNAQUES (1)
Aujourd'hui je vais vous proposer un thème, bien tordu, bien juteux, les "arnaques", vous pouvez parler d'arnaques en tout genre (y compris papa Noël, Saint-Valentin, etc.), voici ma première participation:
Au mois de novembre, j'ai envoyé un poème pour un concours sur le net. Un poème que je ne reproduirai pas ici parce qu'il est en espagnol, sur un site espagnol donc. Au retour de vacances, en janvier, j'ouvrais un courier intrigant (parce que ça n'avait pas l'air d'une facture, et que ça fait belle lurette qu'on ne m'écrit point!), j'ouvre, je lis, et, oh, surprise!!! C'était une lettre du groupe auquel appartient le site.
Toute heureuse, je lis et relis le corps de la lettre. On me disait que le poème en question, par sa qualité et son sujet, avait été retenu comme finaliste, et que même si je ne gagnais pas ledit concours, il serait publié dans l'anthologie qu'ils préparent et qui sortira cet hiver. C'est pas beau, hein?
"Je me voyais déja en haut de l'affiche", dans la Pleïade, à côté de Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire, qui sais-je?...
Le hic vient après ces bonnes nouvelles...
"Si vous voulez recevoir cette oeuvre magnifique au prix spécial de collaborateur (???), veuillez cocher la case (49€ dans les dents quand même), si vous en voulez deux, blablabla." Mais ils font bien de préciser que je ne suis pas obligée de l'acheter, héhéhé...
C'était déja pas mal dans le genre, "on ne vous oblige à rien, mais qui sait, les finalistes ne seront peut-être que ceux qui figurent dans la liste des acheteurs".
Vient un autre paragraphe douteux, "Si vous désirez inclure une note biographique dans cette anthologie, écrivez ci-dessous cette note, nous la publierons pour la modique somme de 24€".
La lettre traîne encore dans ma cuisine (entre les factures), le dilème fut pesant, car je ne savais pas si somme toute, voir ma première publication ne méritait pas ces 49€, et je me suis décidée à faire mes recherches sur ce site.
Ne vous y trompez pas, j'ai fait comme vous, je n'ai pas appelé Columbo ni Sherlock Holmes, juste tapé "GOOGLE", et je n'ai pas été surprise de ce que j'y ai lu; beaucoup de commentaires dénonçant cette bande d'escrocs.
Ma décision est donc prise, je répondrai au courier comme j'avais prévu de le faire dès la première lecture, à savoir, écrire une gentille lettre en donnant mon accord pour sa publication (oui, ça c'est gratuit!) et disant que j'avais toujours crû, dans mon humble entendement humain, que la publication d'un texte devait apporter un bénéfice à son auteur (que dirait J. Rowling en recevant cette lettre?) et non une perte financière, quelque chose dans le genre, vous voyez?
Voilà, des réactions sont admises, et vos arnaques les plus sympas, (ou moins, selon) aussi.
09 janvier 2008
Brindilles
Ce sont de toutes petites brindilles
D'un olivier pas très vieux
Qui chaque jour le titillent
Le rendent un peu nerveux.
Ce sont sa propre chair,
Alimentées de sa sève,
L'olivier en bon père
Fait part de sa colère
Les punissant parfois
Pour calmer les émois,
De ces jeunes brindilles,
De mes trop vives filles.
