14 février 2008
À la saint glin-glin
(repêche de l'an dernier, pourquoi changer ce qui est déjà bon?)
C'est à la Saint Glin-Glin que je t'offrirai la rose que d'autres rachètent à un prix fou, alors qu'elle ne sent même plus le rosier, alors qu'elle a été encélophanée.
C'est à la Saint Glin-Glin qu'on ira tous les deux dîner en amoureux sur la seine, sur ce bateau mouche où les lampes secouent les bêtes et les odeurs.
C'est à la Saint Glin-Glin que je mettrai ma plus belle robe, mes plus belles sandales, et toi ton joli costume de bal.
C'est à la Saint Glin-Glin que je te demanderai de m'aimer pour toujours, de me serrer très fort jusqu'à ne former qu'un.
Ce sera, mon amour, à la Saint Glin-Glin, mais ce ne sera pas demain, pas à la Saint Valentin.
30 novembre 2007
RAGE
(En écho au post d'hier, naît ce texte. Je ne sais pas s'il met de la lumière dans le fouillis exprimé alors, ou s'il vient le rendre encore plus opaque, mais l'intention y est)
RAGE
Mon coeur,
Rage ma conscience,
Ragent mes pleurs
D'impuissance.
Mes doigts s'aggrippent
Mes yeux se ferment
Sur toute l'injustice
Qui les entraîne,
Mes pauvres frères
Morts chaques jours,
Morts par millions
Sous la misère.
Rage mon coeur
Qui saigne en pleurs,
Crie ma conscience
Mais en silence,
Rage, quand les enragés,
Pourront se soulever,
Quand ils auront, enfin,
Un morceau à manger,
Quand la rage de la faim
Sera calmée.
02 juillet 2007
Par hasard
Par hasard, j'ai retrouvé
Un carton, un papier,
D'où tout m'est remonté:
Salvador, aéroport,
Un nom aposé:
Gabriela, puis la boutique
Résonne encore
Bau-Bau.
Je ne sais plus ce que j'y ai fait,
Je ne sais plus ce qu'elle vendait,
Mais la mer, les îles,
Les couleurs, me revenaient;
Les odeurs m'envahissaient
En relisant le papier
Qui vraiment m'emportait
Vers toi,
Encore une fois...
02 juin 2007
Par un soir de pleine lune...
Nous regardions comme elle s'allongeait
Sur cette mer reposant sous son aile.
Tu m'as couverte sous ton manteau,
Cette vision me donnait froid dans le dos.
Ou était-ce ton arôme, et le son de ta voix,
Qui faisait à ce spectacle un si bel écho
Que tous mes sens en étaient en émois?
Nos yeux ébahis n'osaient se croiser
Si minuscules devant tant de beauté.
Puis tes lèvres offrirent à mon corps
Le feu d'artifice qui m'illumine encore.
28 mai 2007
Hantée
Je n'ai pas osé, le moment est passé
Depuis tu hantes mes jours,
Tu voles mes nuits.
La brise devient ouragan,
Le soleil assèche mes larmes.
À trop cacher mes charmes,
l'amour fout le camp....
28 avril 2007
Un p'tit coin d'parapluie, contre un coin d'paradis
Il pleut, mais tu ne veux pas te mouiller,
parapluie fermé.
Des mois que mon coeur ne brille plus,
fatigué.
Je n'aurais jamais dû te dire
"prends soin de toi, surtout ne prends pas froid",
et avec le temps...
Avec le temps vas, je vois
qu'il ne faut pas traverser la vie à essayer
De passer entre les gouttes.
Laissons ça aux malades, aux paralysés d'émotions
qui mettent des chaussons au bout de leur lèvres
et au bout des doigts des glaçons
pour faire tomber la fièvre.
Il pleut, je ne suis pas sortie,
parapluie cassé.
Simplement j'espérais que tu viendrais,
Mais tu m'as prise au mot,
Tu vas être bien sage et ne pas t'éclabousser.
Moi, j'avais juste rêvé que tu ouvrirais
cet abris des jours gris.
Je t'aurais dit merci, je t'aurais souris, je t'aurais offert
un p'tit coin d'paradis, contre un coin d'parapluie
03 avril 2007
Même si
Même si je te suis du regard
Chaque fois que je sors, le soir,
Puis que tu joues à fuire
Pour mieux te laisser séduire.
Et que tu caresses mes contours des yeux,
Lorsque je me retourne pour te laisser faire,
Croyant que c'est toi qui mènes le jeu,
Comme si tu étais le dernier sur terre!
Même si je feins d'être troublée
Lorsque le hasard nous fait croiser
Dans un même axe mystère et désir
Et qu'on ne sait plus comment maîtriser
Chaque pas qui reste à venir.
Sache, que toujours, à chaque tremblement,
À chaque semblant de faiblesse émanant,
Il y a une femme qui dirige mes élans,
Une Eve blasée par un insipide Adan
Qui mets dans l'amour ce qu'elle peut de piment.
27 février 2007
À mes amis
Je n'aime pas les méli-mélos, ni les larmes faciles, ni les topiques, je préfère dire "je t'aime" à un ami que dire des phrases dans le genre "l'amitié est une rose que l'on n'a de cesse d'arroser", je suis gênée face à ces mots mais aujourd'hui...
Je veux remercier ces bons amis, ceux qui savent qu'un sourire soigne presque toutes les blessures, ceux qui savent la valeur de la sincérité, qui savent se taire pour mieux se faire présence...et pourtant répondent au premier appel.
Sans eux, je serais plus pauvre, je serais la plus pauvre des femmes sur terre. Avec eux, en plus du pain, du feu, de l'eau, j'ai l'âme qui sent, qui vit.
Il est l'heure de leur rendre hommage, à ceux que je vois, que j'entends tous les jours, ou souvent, à ceux qui reviennent me saluer après de longues années, à ceux que le chemin à éloigné jusqu'au prochain carrefour où nous nous retrouverons, à tous ceux-là qui gardent pour moi un coin dans leur coeur, au chaud, à l'abris des tempêtes et de l'usure du temps, et que je chéris tout autant...
Merci d'être là mes amis.
25 février 2007
Dimanche au soleil
Aujourd'hui, après d'interminables journées caché derrière les montagnes, comme pour nous narguer, le soleil est apparu. Il s'est montré tout nu, radieux, musclé, heureux de nous revoir enfin, comme s'il voulait faire l'amour à notre ville, la prendre toute entière...
Je l'ai salué à mon levé et j'ai décrété qu'on irait se promener pour lui faire compagnie.
Et même si tous les enfants, toutes les familles d'alentour iront sans doute le voir cette après-midi au parc, à la plage ou au bord de la rivière qui troue ma ville, nous irons nous réconforter sous ses caresses, nous chargerons les piles de l'âme, car, on ne sait jamais, il n'est peut-être pas là pour longtemps...
22 février 2007
À A...
Pour ne pas évoquer ton nom
Partout, dans chaque conversation.
Pour ne pas appeler chaque homme
Comme toi, une seule solution:
Me taire.
Pour ne pas t'interpeler
Au milieu de tous ces gens,
J'essaie de te transmettre
Mon désir par la pensée,
À travers l'air.
Et le matin, toute en sueur
D'avoir rêvé tes bras, ton corps,
Je me prélasse sans remords
Dans le souvenir, dans la moiteur,
J'en veux encore.
Comme il est difficile
De ne pas se trahir,
De jouer à séduire
Sans derraper, enfin,
De rester sur le fil.
E. O.
